L’embourgeoisé

La gentrification (mot anglais de gentry, « petite noblesse »1) est un phénomène urbain d’embourgeoisement. C’est le processus par lequel des arrivants plus aisés s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d’une couche sociale supérieure.

Ce néologisme est employé pour la première fois par la sociologue Ruth Glass (en) dans son ouvrage London: aspects of change2, étudiant le phénomène à Londres dans les années 1960.

Développements à Griffintown - Montréal
Image: Développements à Griffintown, Montréal | Axel Drainville (-AX-) | 2012

Les quartiers peuvent être plus ou moins attractifs selon les époques. Tel endroit, hier huppé, laisse progressivement la place à une population plus nombreuse et plus pauvre, parce que les ressources se sont taries, ou parce que les classes supérieures ont trouvé mieux ailleurs. Tel autre quartier, parce qu’il dispose d’attraits naturels, que des inconvénients ont été supprimés (décharges, industrie polluante, zone de délinquance, etc.), ou que des avantages nouveaux sont apparus (une nouvelle industrie, une liaison rapide avec les centres économiques, un parc qui le rend agréable, etc.), ou (non exclusif) parce que la classe sociale intermédiaire s’est accrue et ne trouve plus de place suffisante dans les secteurs qu’elle occupait antérieurement, (re)devient d’un rapport qualité prix intéressant. Un même quartier peut d’ailleurs se transformer successivement selon ces deux modalités. C’est le cas du Marais, au centre de Paris : quartier aristocratique lors de sa création au xvie siècle, devenu populaire et insalubre aux xixe et xxe siècles, il est redevenu attractif pour les classes sociales les plus aisées depuis les années 1980. Le même phénomène a eu lieu dans le quartier du Sablon à Bruxelles, où il a produit un néologisme local : la « sablonisation »3. ( wikipedia ).

gentrification02Image: Momento (01), Montréal | Naccarato | 2011

La gentrification commence lorsque des groupes sociaux relativement aisés découvrent ou redécouvrent un quartier offrant les avantages nouveaux précités et décident d’y migrer. L’embourgeoisement se traduit par la réhabilitation des bâtiments et l’accroissement des valeurs immobilières.

L’embourgeoisement se traduit aussi par une pression plus forte des nouveaux habitants sur les pouvoirs publics, pour qu’ils améliorent le quartier (moins de bruit, encore plus de protection et d’équipements, destructions massives de logements populaires au profit d’un habitat plus haut de gamme, etc.). L’enjeu de la réussite scolaire des enfants est devenu central pour une couche sociale dans son désir de reproduction, et c’est notamment la qualité de l’école qui constitue le tropisme autour duquel la société s’organise[réf. nécessaire].

Les plus pauvres qui habitaient le quartier avant son embourgeoisement ne peuvent plus suivre en termes de loyer et doivent chercher ailleurs, par exemple dans des quartiers moins chers qui offrent moins d’avantages (zones excentrées ou mal desservies par les réseaux) et plus d’inconvénients (bruit, pollution, délinquance, climat…). Si cela leur est difficile (par manque d’offre ailleurs, par exemple), ils réagiront, eux aussi, pour pouvoir rester sur place, et réclameront des logements sociaux, un contrôle des loyers, etc.

La gentrification est souvent considérée d’abord d’un bon œil, comme une solution à certains problèmes auxquelles doivent faire face les politiques urbaines ; elle peut cependant aussi être vue comme un problème dès lors qu’elle mène à une ségrégation spatiale accrue4Éric Maurin dans Le Ghetto français analyse l’embourgeoisement comme une forme deségrégation. Le processus de développement et d’expansion urbaine procède souvent par « l’expulsion » des « plus faibles économiquement » vers des zones moins demandées. Ce phénomène engendre potentiellement des problèmes sociaux, surtout s’il se produit rapidement. Les pouvoirs publics sont sollicités pour réduire l’impact du processus, en maintenant un certain degré de mixité sociale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gentrification

POSITIF NÉGATIF
Primes de rendement pour les propriétaires d’augmenter / améliorer le logement Déplacement au loyer / prix augmente
Réduction de la criminalité Coûts psychologiques secondaires de déplacement
La stabilisation des zones en déclin le ressentiment de la communauté et les conflits
La valeur des propriétés a augmenté Perte de logements abordables
L’augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs dans les commerces locaux Insoutenable prix de l’immobilier spéculatif augmente
Taux d’inoccupation réduits Les sans-abri
Augmentation des recettes fiscales locales Grand prendre des dépenses locales à travers le lobbying / articulacy
Encouragement et augmentation de la viabilité de la poursuite du développement Déplacement commercial / industriel
Réduction de la pression sur les infrastructures et les services locaux Augmentation des coûts et des modifications aux services locaux
Réduction de l’étalement urbain Déplacement et les pressions de la demande de logement sur les zones environnantes pauvres
Augmentation de mixité sociale La perte de diversité sociale (à partir socialement disparate de ghettos riches)
Réhabilitation de la propriété à la fois avec et sans le parrainage de l’Etat Sous l’occupation et la perte de population des zones embourgeoisés
Source: Loretta Lees, Tom Slater, et Elvin Wyly,  Genrification Reader,  p. 196. © 2008 Routledge; Rowland Atkinson et Gary Bridge, eds..  gentrification dans un contexte mondial: le New Urban colonialisme,  p. 5. © 2005 Routledge.

https://en.wikipedia.org/wiki/Gentrification

Liens relatifs à la gentrification: